DRÖÖMLAND

REVES ET CAUCHEMARS DANS LES MONTAGNES DES PAYS BAS

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spectacle solo presque sans paroles de Michael Zugowski

 

Non, vous avez raison : il n'y a pas de montagnes aux Pays Bas. Quant à Dröömland, vous n'allez trouver ce nom dans aucun atlas géographique. Pays imaginaire alors, vous dites? Pas tout à fait. Que je vous explique:

Dans le dialecte de Düsseldorf, ma ville natale, drööm est le pluriel de droom - rêve. Dröömland n'est donc pas ce pays lointain dont nous rêvons, mais le pays des rêves au pluriel, la contrée où tous les rêves et cauchemars dont on ne se souvient plus au moment du réveil, sont conservés. Croyez-moi, ce territoire est loin d'être un plat pays. Il a ses pics, ses pentes abruptes et s'y aventurer peut vous donner le vertige, vous allez voir.

Si les images que je vous en ai rapportées évoquent pourtant les Pays Bas, c'est que j'y ai surtout fouillé  mes rêves oubliés à moi. Après tout, Düsseldorf est plus proche d'Amsterdam que de Berlin ou de Munich. Le patois de mon enfance a des accents flamands, l'hiver, j'ai patiné sur des étangs gelés comme on en voit sur les tableaux de Brueghel et au lycée, j'ai connu une Lisbeth qui ressemblait à s'y méprendre à la Mathilde de Jacques Brel.

Voilà pour le décor. Reste à vous présenter le héros de l'histoire, Hermann Dröömland, individu ambigu, musicien de troisième catégorie, un de mes nombreux doubles. Il s'est glissé un jour dans ma pauvre chambre d'imagination en y entrant par la fenêtre et n'a pas voulu me lâcher sans que je lui promette de faire de lui le personnage principal de mon prochain spectacle.